L'histoire d'Etzling
Un village paisible au cœur de la Moselle.
Où
sommes-nous ?
Située à seulement 5 km de Forbach et 7 km de Grosbliederstroff, Etzling s’étend sur 494 hectares, entre terres agricoles, prés, vergers, bois et espaces de vie. Un cadre verdoyant et préservé, où la nature garde encore toute sa place.
Un paysage
à découvrir
Etzling se situe sur un plateau, entre le Warndt et la vallée de la Sarre. Le village s’est développé le long de la Waeschbach, un petit ruisseau qui traverse la vallée. À l’ouest, la forêt occupe une grande partie du territoire, tandis que les vergers et les espaces verts entourent les habitations, notamment sur les versants les plus ensoleillés.
Une histoire
qui remonte à 1446
Etzling est mentionné pour la première fois en 1446. Longtemps simple hameau à vocation agricole, le village a connu bien des tournants :
1790
Première création de la commune, sous la Révolution française.
1812
Rattachement à Kerbach comme annexe, par décret impérial.
1896
Etzling redevient enfin une commune indépendante, avec 486 habitants.
1899
Lev village se modernise à grande vitesse : sapeurs-pompiers, eau courante, téléphone, agence postale…
À la veille de la Première Guerre mondiale, notre jeune commune est déjà bien équipée, portée par l’engagement de figures locales comme l’Abbé Chatelain et l’Abbé Reinstadler.
Les épreuves
du XXᵉ siècle
Comme tant de villages de la région, Etzling a traversé les deux guerres mondiales.
1870-1871 : après la défaite française, Etzling devient allemand jusqu’en 1918.
1914-1918 : 119 hommes du village partent au front ; 16 d’entre eux ne reviendront pas.
1939-1945 : le village est évacué dès septembre 1939, ses habitants dispersés jusqu’en Charente-Maritime et en Saône-et-Loire. À leur retour en 1940, ils affrontent l’annexion allemande, puis l’hiver 1944-1945 sous les tirs d’artillerie, terrés dans les caves.
Etzling est finalement libéré par les Américains le 18 février 1945, au terme de combats acharnés qui ont détruit une vingtaine de maisons.
Notre forêt
communale
Avec ses 95 hectares, la forêt d’Etzling est un véritable poumon vert, dominée par le hêtre (52 %), le chêne (26 %) et le charme (10 %). On y croise chevreuils, sangliers, renards, blaireaux et une belle variété d’oiseaux — buses, pics, geais…
Gérée en partenariat avec l’Office National des Forêts, elle fait l’objet d’un entretien attentif : repeuplement, préservation des arbres à cavités pour la nidification.
La légende de la
femme sauvage
Pendant la guerre de Trente Ans, les habitants d’Etzling se réfugièrent dans les bois pour échapper aux troupes suédoises. Une jeune mère resta au village avec son nouveau-né, espérant la clémence des soldats. Hélas, ceux-ci la maltraitèrent et jetèrent son enfant dans les flammes.
Devenue folle de douleur, elle erra plusieurs jours dans le village dévasté puis, fuyant tout contact humain, trouva refuge dans une caverne où elle vécut jusqu’à sa mort. Ce lieu, aujourd’hui encore appelé « Wildfraulauch », se trouve sur le chemin menant à la Pfisterquelle.
Annexe -
Récit détaillé
Avant cette date, Etzling vit surtout de l'agriculture. On y trouve aussi quelques ouvriers d'usine, des tailleurs de pierres, des journaliers et une poignée d'artisans : deux forgerons, des tailleurs de vêtements, une chapelière, un cordonnier, un petit magasin d'alimentation et trois cafés. Un village tranquille, sans association culturelle ou professionnelle à l'époque.
La commune avait déjà été créée une première fois sous la Révolution française en 1790, avant d'être supprimée en 1812 et rattachée à Kerbach. Le 21 avril 1895, le conseil municipal de Kerbach décide à l'unanimité de proposer la séparation. La commune devient indépendante à partir du 1er avril 1896 ; la première séance du conseil se tient le 12 juillet 1896.
Le 19 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse. Le 6 août 1870, la 14ᵉ division prussienne attaque l'éperon de Spicheren : une partie de la population d'Etzling se réfugie vers Cadenbronn et Rouhling avant de rentrer après la bataille. La paix, signée à Francfort le 10 mai 1871, fait passer 752 communes lorraines sous administration allemande.
Le premier conflit mondial épargne le village des destructions directes, mais 119 hommes partent au front et 16 ne reviennent pas. Le retour à la France en 1918 est suivi, vingt ans plus tard, par un nouveau conflit : dès le 1er septembre 1939, le village est évacué en urgence vers la Charente-Maritime et la Saône-et-Loire.
Au moment de l'évacuation, le 1er septembre 1939 à 16 heures, le garde champêtre annonce le départ : les premières charrettes prennent la direction de Kerbach puis Cadenbronn. 79 familles partent vers les Charentes (Châtelaillon), 29 autres vers la Saône-et-Loire (Montceau-les-Mines). La mairie se replie elle-même à Châtelaillon-Plage.
Le retour, le 5 septembre 1940, se fait sous occupation allemande, dans un village pillé et endommagé. Les Mosellans revenus sont contraints d'adhérer à la Deutsche Volksgemeinschaft (communauté du peuple allemand). Le 30 novembre 1940, la Moselle est officiellement annexée à l'Allemagne et Etzling rattaché au Landkreis de Sarreguemines. À partir du 1er avril 1941, Bousbach, Kerbach, Behren et Etzling ne forment plus qu'une seule commune, dont la mairie se trouve à Behren. Fin 1942 et en 1943, l'opposition grandit ; le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie redonne espoir à la population.
Dès septembre 1944, tous les hommes de 16 à 60 ans, et même de jeunes femmes, sont réquisitionnés pour creuser des tranchées et des fossés antichars — un chantier immense, mené aussi par des milliers de prisonniers russes, parfois même le dimanche. Ce fossé antichars traverse Etzling de Spicheren à Behren, en passant par le Chausseeland et la Pfisterquelle.
Le 29 septembre 1944, le Deutsche Volkssturm est créé en Moselle : il ne s'agit plus seulement de creuser, mais de prendre les armes. Les S.A. viendront plusieurs fois recenser les hommes maison par maison, sans succès — tout le monde se cache. L'un d'eux lâchera, dépité : « Les gosses dans ce village sont tous du Saint-Esprit. » En octobre, les vaches sont réquisitionnées (une seule autorisée par foyer), de même que les chevaux — il n'en restera que trois à Etzling.
Début décembre 1944, les premiers obus tombent sur Etzling à l'approche des Alliés. Les villages voisins (Diebling, Metzing, Nousseviller, Cadenbronn, Bousbach) sont libérés les 5 et 6 décembre — l'espoir renaît. Mais des questions de ravitaillement, puis l'offensive allemande des Ardennes (von Rundstedt), stoppent l'avancée américaine à 5 km du village. Une guerre de position s'installe alors pour tout l'hiver.
La population se terre dans les caves, souvent plusieurs familles dans une même cave voûtée, ou dans un abri creusé dans la carrière de grès près du village. Jour et nuit, le village essuie les tirs de l'artillerie américaine ; à chaque accalmie, les habitants sortent au péril de leur vie pour la lessive et les bêtes. On vit sur les réserves de l'automne — conserves, cochon fumé, pommes de terre, fruits, légumes du jardin. L'eau courante, coupée en partie, oblige à aller puiser à la fontaine. Le curé célèbre parfois la messe au presbytère, peu fréquentée par peur des tirs.
Cinq habitants perdent la vie sous les éclats d'obus durant cette période :
- M. Bour Gérard — 18.12.1944
- Mme Schwartz née Martin Marie — 21.12.1944
- M. Adam Joseph Schowing — 25.12.1944
- M. Hasdenteufel Joseph Egloff — 01.01.1945
- Mme Ludwig née Philipp Marie — 18.02.1945
À cette liste s'ajoute Marcel Schowing, victime de la barbarie nazie le 20.01.1945.
Une première offensive début février inflige de lourdes pertes aux Allemands, mais les Alliés se retirent sur leurs positions initiales. L'offensive décisive part le 17 février depuis Rouhling et Cadenbronn, vers Lixing, le Brandenbusch et Kerbach, jusqu'au bois d'Ermerich à l'est d'Etzling. Lixing, Kerbach et Behren sont libérés. Les combats se concentrent alors autour du Wingertsknopf, colline entre Kerbach, Behren et Etzling.
Vers midi, les Américains occupent la colline ; les Allemands contre-attaquent aussitôt, avec six pièces d'artillerie lourde installées entre les maisons du village. La réplique alliée ne tarde pas — une seule batterie de Nousseviller tire 700 obus sur Etzling en une nuit. La contre-attaque se brise, les assaillants se réfugient dans les caves du village. Trois maisons brûlent entièrement cette nuit-là, sans qu'il soit possible d'intervenir.
Le lendemain, dimanche 18 février, le 3ᵉ bataillon du 275ᵉ régiment américain progresse par l'est et le sud du village, puis par l'ouest en fin de matinée. Vers 15h30, Etzling est enfin entièrement libéré — les derniers soldats allemands se rendent sans combattre. Les Américains resteront au village jusqu'à début avril 1945 (Forbach et Stiring-Wendel ne seront libérées que mi-mars). L'armistice est signé le 8 mai 1945.
Les familles attendent alors, dans l'angoisse, le retour de leurs jeunes incorporés de force. Cinq d'entre eux ne reviendront jamais : Jean-Pierre Lauer, Joseph Schowing, Joseph Greff, Émile Breit et Jean Gamel (mort en 1940).
D'après l'ouvrage d'Aloyse Bousendorfer, « Etzling, chroniques du village de ses origines à 1996 ».
La reconstruction démarre dès 1948, financée par les dommages de guerre. Quelques grandes étapes :
- 1960 — Inauguration de l'école primaire
- 1968 — Construction de l'école maternelle
- 1978 — Nouveaux locaux du Crédit Mutuel ; construction d'un nouveau local pour la distillerie, à l'emplacement de l'ancien lavoir détruit en 1940
- 1980 — Lancement du lotissement du Lohberg (108 terrains)
- 1982 — Création du court de tennis
- 1983 — Rénovation de l'église
- 1987 — Lotissement « Les Cerisiers », dans la continuité du Lohberg
- 1991 — Réseau de télédistribution, construction de la salle polyvalente, bénédiction de la morgue
- 1994-1995 — Rénovation de la rue principale et arrivée du gaz naturel
Notre
blason
Le lion rappelle les seigneurs de Forbach, anciens seigneurs d’Etzling. Les bois de cerf et la croix évoquent Saint Hubert, patron de notre paroisse.